Jean Chrétien FAVREAU

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ARTS

         
       
 
La Bourse ou la vie ?
 

           L’économie mondiale se prend une grosse gamelle. Les produits financiers ont envahi la raison, anéanti la valeur du travail, imprégné les sociétés d’une répugnante vulgarité. Les gouvernements ont tenté de colmater les brèches au lieu de laisser couler ce casino pourri. L’argent public, des centaines de milliards dilapidés pour sauver un système obsolète, a été largement distribué aux traders et aux banquiers, comme ça leurs patrons ont pu se servir un magot plus énorme encore. Ces petits boutons répugnants rivalisent de cupidité. Des impuissants dirait Nietzsche. Il est urgent de liquider ce Casino global.

           La Bourse est incohérente et prédatrice. D’énormes flux financiers transitent au-dessus de nos têtes sans circuler dans la rue. On apprend que les flux boursiers sont réglés par des logiciels aux algorithmes tellement sophistiqués qu’on ne les maîtrise plus. Autrement-dit, ce sont maintenant des robots qui dirigent l’économie mondiale. La Bourse ruine les pays, c’est un fléau. Lorsque la Bourse s’effondrera définitivement, l’économie la plus quotidienne, la plus vitale, survivra sans problème, elle ira même mieux. Alors où sera la catastrophe annoncée ? Et pourquoi tant de prudente complicité si aimablement consentie ?

 

 

           Qui dans l’économie quotidienne, celle du boulanger, du paysan, du pêcheur et de la foule, qui se soucie du Cac40 et du Nasdaq ? On a beau nous en informer tous les jours et dans tous les médias serviles, soi-disant contre-pouvoir et défenseurs de la liberté d’expression, personne ne se souvient jamais de cet indice économique. Demandez autour de vous, vous n’êtes pas les seuls à ne pas vous en souvenir du Nasdaq car nul ne s’en soucie. Cette économie tourne en circuit fermé et donne l’impression de se bouffer elle-même. Elle joue perso, et pourtant elle domine. L’économie financière, c’est le pognon élevé au rang de divinité par les évangélistes cupides d’une tyrannie qui ne professe rien d’autre que la loi du plus riche et la soumission des pauvres. La colère qui monte est un tsunami. Il est temps de liquider totalement la Bourse pour éviter l’embrasement.